Résistance

À propos du réchauffement climatique

Ours-polaire-copie-1.jpgPauvre ours polaire, tout seul sur son petit glaçon ! Cette photo illustre bien les ravages du réchauffement climatique. L’ours, le bout d’iceberg, la mer, le ciel, tout est vrai ! Mais ce n’est la nature qui les rassemble, c’est Photoshop ! Cette photo est un faux !

Les « climatosceptiques » tentent de faire front face à l’offensive générale du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). L’an dernier, François Gervais avait publié « l’innocence du carbone ». Cette année, un collectif de scientifiques belges, sous la direction de István Markó, professeur à l’Université Catholique de Louvain, a publié « climat : 15 vérités qui dérangent ».

L’idée générale est d’expliquer que le climat change tout le temps, mais ce n’est pas le gaz carbonique d’origine humaine qui en est la cause. Les causes sont naturelles. La terre a subi plusieurs périodes de glaciation, dont une à-peu-près totale, puisque la banquise a atteint l’équateur (c’est la terre « boule de neige »). La dernière glaciation a duré environ 100 000 ans, et s’est terminée il y a à peu près 10 000 ans (c’est une date dont nous reparlerons, parce qu’elle marque la « révolution du néolithique » qui a eu une importance décisive pour l’histoire de l’humanité).

La corrélation entre réchauffement climatique et augmentation de gaz carbonique dans l’atmosphère est établie sur ces longues périodes géologiques, mais, contrairement aux idées reçues, cette augmentation du CO2 ne précède pas l’augmentation des températures, mais suit cette augmentation. C’est-à-dire que l’augmentation du taux de CO2 est la conséquence de l’augmentation des températures, et non sa causeÉvidemment, ces périodes glaciaires et interglaciaires n’ont rien à voir avec l’activité humaine. En général, on considère que les émissions de CO2 dues à l’activité humaine commencent à être significatives vers 1750.

Mais, indépendamment du développement industriel, les températures varient tout le temps. Chaque jour d’abord, de plusieurs dizaines de degré, mais aussi sur l’année, en passant les saisons. Les météorologistes repèrent aussi des variations sur des périodes plus longues, de quelques décennies à quelques siècles. Ainsi, l’Europe à connu une période chaude du 11ème au 14ème siècle (pour nous cela correspond aux Capétiens), puis, du 15ème  (Charles VII, vous vous souvenez de Jeanne d’Arc ?) au début du 20ème, un « petit âge glaciaire », avec un pic sous Louis XIV et Louis XV. Les causes, naturelles donc, sont difficiles à cerner précisément, mais l’activité géologique et océanique, l’activité solaire, les modifications de l’orbite terrestre, et d’autres phénomènes, jouent chacun un rôle, souvent lié. Aujourd’hui, les tenants du GIEC nous disent qu’on court à un réchauffement qui flirte avec une sorte de fin du monde, mais les « climatosceptiques » constatent que depuis une dizaine d’années, les températures sont plutôt stagnantes, et qu’on ne sait pas bien si on va vers un réchauffement ou un refroidissement. En toutes hypothèses, réchauffement ou refroidissement, les causes en sont naturelles, et le carbone (d’origine humaine en tout cas) est innocent !

Mais pourquoi nos dirigeants, les médias, les « experts », et tout ce qui prétend avoir un avis éclairé, nous prédisent-ils une catastrophe, catastrophe dont nous serions coupables, du fait de notre irresponsabilité à brûler toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon ? Pourquoi les pétroliers, qui pourraient se sentir viser, ne mouftent-ils pas ?

On peut avancer plusieurs explications. D’abord, une sorte de déclinaison de la stratégie du choc de Naomi Klein : l’humanité va à la catastrophe du fait de son irresponsabilité. Mais taisez-vous et faites nous confiance ! Nous, responsables, nous vous sauverons si vous faites ce qu’on vous dit ! Les pétroliers n’ont rien à redire à la méthode. D’ailleurs, vous avez vu la dernière pub de Total, où ils se montrent tellement responsables ? Et celle où nous sommes si irresponsables ?

Mais, évidemment, il y a aussi d’autres raisons plus immédiates. Pour le capital, c’est l’occasion d’inventer toutes sortes de taxe et d’augmentations de tarif, sans incidence sur les émissions ! Vous vous souvenez de la « taxe carbone » ? Et l’augmentation du prix du gaz ? Et si, dans la logique de la catastrophe du réchauffement dû à l’émission du COpar combustion d’hydrocarbure fossile, il était logique (et rentable pour les pétroliers !) que le prix du pétrole augmente, celui-ci voit son cours baisser, du fait de manipulations politiques !

De plus, la peur entretenue par le GIEC permet à l’Union Européenne d’inventer des « droits à polluer » qui donnent lieu à une bourse d’échange, permettant aux grandes entreprises de gagner beaucoup d’argent. Par exemple, Mittal, en fermant en France ses aciéries, peut revendre ses droits à polluer… et ainsi s’enrichir de ses fermetures d’usines !

Cette même pensée cherchant à nous faire craindre une sorte de fin du monde est de nature à nous inciter à condamner les pays dits « émergents », en particulier la Chine, définie comme le plus grand pollueur de la planète, en vue de gêner son développement. Or, il se trouve que c’est la Chine qui fait le plus d’efforts sur les énergies renouvelables où elle investit lourdement, ce qui en fait la championne du monde dans la production hydroélectrique et de capteurs solaires.

Il ne faudrait néanmoins pas conclure de tout ceci qu’on peut continuer à brûler du carbone sans conséquences : si cela n’affecte pas le climat, cela affecte gravement notre santé ! Mais cela ne semble pas vraiment émouvoir le GIEC !

DR

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7 réflexions au sujet de « À propos du réchauffement climatique »

  1. Dans ce débat aux odeurs de souffres et de gaz d’échappement, le problème n’est pas vraiment de savoir si le réchauffement est “de gauche ou de droite” ou s’il sert tel ou tel groupe d’intérêts,
    mais de savoir s’il est une réalité scientifique ou non.

    Cela semble bien le cas: http://www.les-crises.fr/climat-scientifiques-media-pop/

    Et donc puisque dans votre article vous semblez appuyez que la thèse du réchauffement climatique serait un complot du capital (!), peut-être feriez-vous bien de vous interrogez si le
    climato-sceptisme n’en serait pas un non plus 😉

  2. Cher camarade,

    Merci pour votre commentaire.

    Quand je disais « qu’on ne peut pas continuer à brûler du carbone sans conséquences », je ne parlais pas de la production de
    CO2 lui-même, qui ne pose en effet pas de problème – il est même favorable à la végétation – mais d’autres produits générés au cours de
    cette combustion, et qui sont effectivement polluants et dangereux pour notre santé. Les oxydes d’azote, par exemple, ou les poussières.

    Le capital est tout à fait insensible aux problèmes de santé publique.

    Sur ce sujet, il y a bien d’autres papiers à écrire, sur l’agriculture, les laboratoires pharmaceutiques, l’agro-alimentaire, la grande distribution, etc.

    Fraternellement

     

    DR

  3. Le réchaufement climatique et son pendant financier “la taxe carbone” sont tout simplement un impôt prélevé sur la production des pays émergeants.

    Pour faire plus simple, c’est du “racket”, mis en place par les truands les plus ingénieusement prédateurs de l’histoire humaine, l’occident le valet et son maître les us.

    Nous pouvons avoir honte d’être dirigé par ces gens là.

  4. Merci pour cet article. Enfin une voix de gauche qui conteste le changement climatique anthropique (dû au CO2 produit par l’homme). Il était temps. En général, la
    gauche radicale, totalement alignée sur la pensée écolo, adhère pieusement à la doctrine GIEC et descend en flammes tout « climatosceptique » (personne qui conteste le changement
    climatique anthropique) en le traitant de facho et d’agent des multinationales.

    Cette attitude « réchauffiste » (persuadée du réchauffement climatique anthropique) de la gauche  (je ne classe pas le PS à gauche) est une
    illustration de ses trois fautes capitales qui la coupent de l’anti- capitalisme véritable  et du peuple .

    Tout d’abord le manque de clairvoyance.  La gauche a cru découvrir une nouvelle frontière du progressisme en emboîtant le pas aux thèses écolo. Malheureusement,
    être anti-CO2, anti nucléaire, anti-chimie, anti-industrie, anti-agriculture mécanisée n’a rien à voir avec être anti-capitaliste. La preuve : ces thèmes ont été totalement récupérés par le
    capitalisme mondialisé  au point de devenir son arme absolue pour faire accepter aux peuples régression et austérité et leur barrer toute perspective d’avenir. Bel exemple aussi de
    propagande globale et de mur du mensonge planétaire, le «réchauffement climatique » est enseigné à l’école (au même titre que communisme = nazisme ou que Amérique = démocratie) et le CO2 est
    planté partout au centre du paysage, comme une évidence, depuis le colissimo (« neutre en CO2 » !) jusqu’à la brique de lait en passant par votre voiture dont la consommation n’est
    pas mesurée en litres au cent mais en grammes de CO2 par km.

     

     Ensuite la gauche a renié l’héritage des lumières, la raison et la démarche scientifique qui demande vérification par l’expérience.  Elle a basculé dans
    l’anti-science et la technophobie, voire l’obscurantisme. Il n’y a pas un seul de mes amis de gauche qui ne soit anti-nucléaire, anti-technologie, anti-voitures, anti-médicaments et dévot du
    bio ! Une bonne partie d’entre eux donnent dans l’homéopathie et le yoga ! Pourtant seules la science et la technologie ouvrent un quelconque avenir à l’humanité et elles seules sont à
    même de combattre les pollutions. Ce n’est pas contre l’industrie, la chimie ou le nucléaire qu’il faut se battre mais contre leur propriété privée et pour leur nationalisation. Ce n’est pas
    l’énergie ou la consommation qu’i l faut rationner (au fait, en quoi un smicard sur-consomme-t-il ?) mais les profits et les 0,01% de la population qui accaparent une proportion énorme des
    richesses. Il ne faut pas fermer les centrales nucléaires (et plus tard, a fusion nucléaire) mais au contraire les développer et développer les recherches qui permettraient de mettre en place les
    filières plus sûres et moins productrices de déchets. Quant au CO2, n’en parlons même pas. Votre article a presque tout dit. L’excellent site « pensée unique.fr » apporte une
    indispensable vision scientifique de la question Tout le monde devrait savoir que le GIEC est un organe de l’ONU. Aussi indépendant des USA et du capitalisme que ne l’est le FMI en matière
    financière ! Ses modélisations ont toutes été contredites par l’expérience du réel. Les scientifiques honnêtes (= qui n’ont pas peur pour leur carrière et qui ne craignent pas de priver leur
    labo de grasses subventions) ont depuis longtemps pris leur distances avec la mise en accusation du CO2, qui, rappelons-le, est le gaz de toute vie et dont la proportion dans l’atmosphère a varié
    constamment tout au long de l’histoire de la terre indépendamment de son climat, lui aussi en changement permanent.

    Enfin, fait le plus grave, la gauche renie la lutte des classes. Elle accepte plus ou moins le « tous ensemble pour sauver la planète » (d’une menace non prouvée, mais qu’importe, le
    principe de précaution est là pour pallier à tout manque de preuves) et qui ressemble fort au « tous unis pour sauver la France » en 1914. Au nom du réchauffement climatique, on accepte
    donc les éco-taxes, les taxes recyclage, les taxes carbone, les hausses du prix du gaz et de l’électricité, les hausses du prix des carburants, les malus écologiques sur les voitures, les taxes
    électriques pour faire les choux gras du solaire et de l’éolien, les diagnostics en tout genre quand on vend sa maison, les normes en tout genre qui bientôt forceront à dépenser constamment 
    pour sa maison. On accepte la « nécessaire » austérité, la décroissance, la réduction de notre « train de vie », la baisse du pouvoir d’achat. On envisage de réduire la
    production électrique de 50%.  Au nom de la lutte contre le « big pharma » on accepte le rationnement médical. Au nom du bio, on accepte que « la bonne bouffe » soit très
    chère.  Qui profite ? le capital qui réalise son rêve d’une baisse draconienne de la part de PIB accordée au travail et son autre rêve d’une société de classes impitoyable. Qui
    trinque : le peuple. Qui lutte ? plus personne puisque les syndicats et group(uscul)es de gauche sont plus ou moins acquis aux présupposés qui neutralisent toute action anti-capitaliste
    réelle : la mondialisation, que parfois à gauche on prend pour l’internationalisme, l’Europe, que l’on veut « rendre plus sociale » mais qu’on ne veut pas quitter (nous ne sommes
    pas nationalistes, n’est-ce pas ?), l’écologie, car la planète est en danger et il faut la sauver. Du coup, nombreux sont ceux qui s’adonnent aux tirades contre le capitalisme financier mais
    rares sont ceux qui parlent de propriété collective des moyens de production sans laquelle toute revendication anti-capitaliste est vaine.

    Merci donc pour votre article qui sort de la norme. Une réserve cependant. Le dernier paragraphe retombe dans ce que je viens de dénoncer. Brûler du carbone nuit à notre santé ? Quelles
    preuves ? Et surtout par ce biais, on remet le carbone en accusation sur un autre plan et on active d’autres « grandes peurs» si utiles pour faire accepter au peuple régression et
    rationnements.

  5. Bonjour,

    Je suis vraiment très surpris par vos arguments. Il me semble que Marx avait écrit une formule qui résume assez bien ce qu’est le capitalisme : A -> M -> A’

    Où M n’est qu’un intermédiaire quelconque, en définitive, dont la propriété fondamentale est de pouvoir entrer dans un circuit marchand, donc d’être une marchandise.

    Dans ces conditions, il est bien évident que le réchauffement climatique peut permettre de créer toutes sortes de nouvelles marchandises destinées à lutter contre (pour le dire vite), dont la
    propriété fondamentale reste d’être des marchandises (la bourse du CO2 en est l’exemple le plus flagrant). Bien entendu, à condition que l’origine anthropique de ce réchauffement soit avéré, ou
    du moins soit considéré comme tel.

    A l’inverse, il va de soi que la très grande majorité des entreprises, qui existent souvent depuis bien avant ces préoccupations climatiques, n’ont aucun intérêt à devoir réviser leurs processus
    de production pour en tenir compte. Celles-là ont donc tout intérêt à defendre l’idée que le réchauffement climatique, même s’il était avéré, n’a aucun rapport avec leur activité.

     

    Et les pétroliers qui ne mouftent pas ? Il y a une explication assez simple : http://www.manicore.com/documentation/petrole/pic_passe_petrole.html

    Le pic pétrolier ! Ils savent qu’ils devront se reconvertir dans un avenir plus ou moins proche pour cette unique raison. Et sans doute espèrent-ils faire financer en tout ou partie cette
    inéluctable reconversion par la puissance publique, sous couvert de lutte contre le réchauffement climatique…

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