Résistance

À propos des Panama Papers

À propos des Panama PapersC’est formidable : des journalistes d’investigation ont su aller pêcher onze millions de documents dans les ordinateurs d’un cabinet d’avocats qui montrent la corruption de quantité de particuliers et de sociétés qui vont se camoufler dans les banques de ce paradis fiscal qu’est le Panama. La presse atlantiste exulte et étale ces révélations avec enthousiasme. En effet, le sens est clair : quand on est malhonnête, il y a toujours un « lanceur d’alerte » pour dénoncer ces vauriens. Cela montre que le système est sain et qu’il est capable de s’autoréguler !

Mais il y a un problème parce que, sans enquêter plus en détails et rien qu’à lire la presse, regarder la télé ou écouter la radio, une chose est claire : ceux qui se sont fait prendre la main dans le sac sont aussi ceux que les Étasuniens classent parmi leurs ennemis, à commencer par Vladimir Poutine (enfin pas lui directement, il est trop malin, mais son entourage). Mais aussi Bachar El Assad, le Hezbollah, et quelques autres. On trouve aussi ce que les Étasuniens classent parmi leurs « amis »… mais pas très sûrs, comme Davis Cameron (embrouillé dans le Brexit) ou le président ukrainien Petro Porochenko (incapable de répondre aux attentes étasuniennes). Mais aussi la FIFA, détestée des Étasuniens pour avoir eu l’outrecuidance de ne pas organiser de coupe du monde chez eux et qui n’a eu de cesse d’être attaquée depuis. Mais dans la liste, il n’y a surtout aucune société étasunienne, ni aucun ressortissant étasunien. Ainsi, détenir le passeport américain conférerait comme par automaticité une honnêteté exemplaire… Si on a le droit d’y croire, on peut aussi penser qu’il y a là une stratégie anglo-saxonne.

D’abord, on peut remarquer que les soi-disant « journalistes d’investigation » qui ont sorti l’affaire (le consortium international des journalistes d’investigation, ICIJ in english) font partie d’une organisation qui est présentée dans une délicieuse vidéo du journal Le Monde, comme ayant vocation à enquêter sur les errements des puissants. La question du financement est bien entendu abordée mais elle ne se résume qu’à l’existence de « mécènes », sans plus de précisions. Pourtant, cette question du financement est importante. En fait, l’ICIP est une émanation du « Centre pour l’intégrité publique », qui est financé par Georges Soros (celui qui, entre autre, a financé le coup d’État en Ukraine et l’attaque contre la Grèce), mais aussi la fondation Ford (l’automobile), Rockefeller (le pétrole), Kellogg’s (les céréales), et quelques autres du même acabit ! N’en doutons pas, avec de tels sponsors, l’honnêteté et les valeurs morales sont au rendez-vous ! Notons au passage que deux membres français de l’ICIJ sont aussi salariés de Médiapart : Fabrice Arfi et Karl Laske.

On peut donc voir que les révélations des « Panama Papers » entrent dans une stratégie étasunienne. Elle est à plusieurs niveaux. Le premier niveau consiste à discréditer les paradis fiscaux qui ne proviennent pas de l’aire anglo-saxonne. Souvenons-nous des attaques contre les banques suisses, lesquelles ont été contraintes d’abandonner (en partie) leur « secret bancaire » suite à plusieurs révélations. Souvenons-nous aussi de l’attaque contre les banques chypriotes qui ont ratissé les comptes de leurs riches clients.

Mais aucune « révélation » n’est venu secouer la City de Londres ! Pourtant, cette City n’est pas un simple quartier de Londres où siègent les grandes banques britanniques. C’est en fait un véritable État indépendant avec ses propres lois, en particulier dans les domaines économique et fiscal ! Il semble même que ce soit le premier paradis fiscal au monde ! Personne ne dénonce davantage les îles « anglo-normandes », Jersey et Guernesey qui ne sont bizarrement pas des territoires britanniques. Ces îles dépendent directement de la reine d’Angleterre et ne sont donc ni britanniques, ni même européennes.

Évidemment, quel est le journaliste d’investigation qui nous parlera de l’autre paradis fiscal qu’est le petit État du Delaware, aussi important que la City, idéalement situé entre New-York et Washington ? L’affaire est basique : les Étasuniens veulent liquider tous les paradis fiscaux qui ne sont pas anglo-saxons.

Évidemment, nous ne sommes pas en train de défendre les paradis fiscaux, mais ils existent, et ils peuvent se montrer bien utiles. Il faut se souvenir de la Libye de Mouammar Kadhafi qui a vu ses avoirs purement et simplement confisqués quand ils étaient déposés dans des banques européennes ou étasuniennes ! Une bonne petite zone franche que sont aussi les paradis fiscaux aurait été la bienvenue. Un exemple : comment peut faire le Hezbollah pour gérer son argent s’il doit faire confiance à des banques occidentales qui soutiennent Israël ? Ou le gouvernement syrien, victime du blocus occidental ? Au nom de quelle moralité faudrait-il que les paradis fiscaux soient exclusivement anglo-saxons ?

Mais il y aurait une autre raison aux révélations des « Panama Papers ». Le Réseau Voltaire a publié un article sur le sujet. Des économistes étasuniens, dont une dénommée Christina Romer (qui occupe un poste clé de conseillère économique à la Maison Blanche) estiment que le redressement économique après la crise de 29 n’a pour origine ni le New Deal de Roosevelt, ni la Seconde Guerre mondiale, mais provient de l’afflux des capitaux européens à partir de 1936, qui étaient dus autant aux préparatifs de guerre de l’Allemagne qu’aux mouvements sociaux. Alors, l’idée qu’ont eue les Étatsuniens pour surmonter leurs difficultés économiques actuelles (parmi lesquelles leur dette immense) a été de déstabiliser suffisamment les pays européens pour que les capitaux aillent se réfugier dans leurs propres banques. Les Panama Papers y contribuent (avec l’aimable complicité de la presse du capital !) tout comme, en vrac, la « crise des migrants » (organisée avec la complicité de la Turquie), les attentats récents, les amendes que furent contraintes de verser des banques et entreprises (entre autres) françaises, et toutes sortes d’autres manipulations.

Enfin, les « Panama Papers » constituent une bombe à retardement, tous les documents n’ayant visiblement pas encore été exploités dans leur totalité. On peut donc parier que certaines entreprises européennes et des personnalités sont prêtes à tous les compromis… pourvu que leurs noms n’apparaissent jamais !

Une fois de plus, les prétentions vertueuses de notre presse, qu’on peut bien qualifier de pourrie, cache parfois (sinon toujours) de bien vilaines choses.

D.R.

Résistance

Pour les patrons, tout est bon dans le Macron !

Pour les patrons, tout est bon dans le Macron !

La loi Macron a suscité beaucoup de débats, en particulier sur le travail le dimanche. Comme on avait déjà traité le sujet, il ne semblait pas nécessaire d’y revenir.

Grave erreur ! Loin d’être un fourre-tout à la gloire de la déréglementation, cette loi est une agression frontale contre la classe ouvrière. Des syndicats de la CGT, qui lisent attentivement les textes, ont vu qu’il y avait un loup dans cette loi. « Pas un loup, une meute ! », affirme le syndicat du livre CGT !

En effet, benoîtement, le texte supprime une ligne d’un article du Code Civil. Cet article 2064 n’a que deux phrases, la première est maintenue, la seconde est supprimée. Il est ainsi stipulé que « toute personne, assistée de son avocat, peut conclure une convention de procédure participative sur les droits dont elle a la libre disposition, sous réserve des dispositions de l’article 2067 (relative au divorce, NDLR) ».

Cette disposition permet de ne pas recourir au juge dans un litige entre voisins par exemple (« ton arbre fait de l’ombre dans mon jardin, je vais aller le couper »), ou encore entre un client et son fournisseur (je n’ai pas reçu ma commande à temps et j’ai perdu mon propre client). Une « convention de procédure administrative » peut alors être conclue pour régler le litige. Bien sûr, il faut prendre un avocat (ce qui favorise un accord amiable), mais dispense d’un recours judiciaire, procédure qui peut être longue et incertaine.

Mais le même article a une seconde phrase: « toutefois, aucune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du code du travail entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu’ils emploient ». C’est-à-dire que, dans un litige entre un salarié et son employeur, aucune « convention de procédure administrative », ne pouvait jusqu’à présent être conclue. Par exemple dans le cas d’heures supplémentaires non payées, d’équipement de protection non fourni ou justement, de travail le dimanche, de travail de nuit, d’augmentation (ou de diminution) des heures ouvrées, etc. Et si le droit du travail n’était pas respecté, c’était aux Prud’hommes de trancher l’affaire.

C’est cette disposition que la loi Macron supprime. Ainsi, un salarié est considéré comme ayant « la libre disposition » de son temps de travail et de ses horaires, niant de facto la subordination de l’employé à l’employeur. Si le patron veut le faire travailler le dimanche, notre employé sera prié d’être « volontaire »… sans qu’il ne puisse recourir aux Prud’hommes. Il en va de même pour la modification de la charge de travail et de sa nature. Un efficace chantage au licenciement pourra être convaincant, lui-même pouvant intervenir hors procédure !

Dans les faits, c’est l’ensemble du code du travail qui est mis par terre par cette « simple » modification du code civil. On nous a beaucoup chanté que « l’État-providence », c’était fini, terminé. Et bien, pas du tout, au contraire : Macron le réinvente… mais pour le capital !

D.R.

Résistance

À propos du réchauffement climatique

Ours-polaire-copie-1.jpgPauvre ours polaire, tout seul sur son petit glaçon ! Cette photo illustre bien les ravages du réchauffement climatique. L’ours, le bout d’iceberg, la mer, le ciel, tout est vrai ! Mais ce n’est la nature qui les rassemble, c’est Photoshop ! Cette photo est un faux !

Les « climatosceptiques » tentent de faire front face à l’offensive générale du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). L’an dernier, François Gervais avait publié « l’innocence du carbone ». Cette année, un collectif de scientifiques belges, sous la direction de István Markó, professeur à l’Université Catholique de Louvain, a publié « climat : 15 vérités qui dérangent ».

L’idée générale est d’expliquer que le climat change tout le temps, mais ce n’est pas le gaz carbonique d’origine humaine qui en est la cause. Les causes sont naturelles. La terre a subi plusieurs périodes de glaciation, dont une à-peu-près totale, puisque la banquise a atteint l’équateur (c’est la terre « boule de neige »). La dernière glaciation a duré environ 100 000 ans, et s’est terminée il y a à peu près 10 000 ans (c’est une date dont nous reparlerons, parce qu’elle marque la « révolution du néolithique » qui a eu une importance décisive pour l’histoire de l’humanité).

La corrélation entre réchauffement climatique et augmentation de gaz carbonique dans l’atmosphère est établie sur ces longues périodes géologiques, mais, contrairement aux idées reçues, cette augmentation du CO2 ne précède pas l’augmentation des températures, mais suit cette augmentation. C’est-à-dire que l’augmentation du taux de CO2 est la conséquence de l’augmentation des températures, et non sa causeÉvidemment, ces périodes glaciaires et interglaciaires n’ont rien à voir avec l’activité humaine. En général, on considère que les émissions de CO2 dues à l’activité humaine commencent à être significatives vers 1750.

Mais, indépendamment du développement industriel, les températures varient tout le temps. Chaque jour d’abord, de plusieurs dizaines de degré, mais aussi sur l’année, en passant les saisons. Les météorologistes repèrent aussi des variations sur des périodes plus longues, de quelques décennies à quelques siècles. Ainsi, l’Europe à connu une période chaude du 11ème au 14ème siècle (pour nous cela correspond aux Capétiens), puis, du 15ème  (Charles VII, vous vous souvenez de Jeanne d’Arc ?) au début du 20ème, un « petit âge glaciaire », avec un pic sous Louis XIV et Louis XV. Les causes, naturelles donc, sont difficiles à cerner précisément, mais l’activité géologique et océanique, l’activité solaire, les modifications de l’orbite terrestre, et d’autres phénomènes, jouent chacun un rôle, souvent lié. Aujourd’hui, les tenants du GIEC nous disent qu’on court à un réchauffement qui flirte avec une sorte de fin du monde, mais les « climatosceptiques » constatent que depuis une dizaine d’années, les températures sont plutôt stagnantes, et qu’on ne sait pas bien si on va vers un réchauffement ou un refroidissement. En toutes hypothèses, réchauffement ou refroidissement, les causes en sont naturelles, et le carbone (d’origine humaine en tout cas) est innocent !

Mais pourquoi nos dirigeants, les médias, les « experts », et tout ce qui prétend avoir un avis éclairé, nous prédisent-ils une catastrophe, catastrophe dont nous serions coupables, du fait de notre irresponsabilité à brûler toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon ? Pourquoi les pétroliers, qui pourraient se sentir viser, ne mouftent-ils pas ?

On peut avancer plusieurs explications. D’abord, une sorte de déclinaison de la stratégie du choc de Naomi Klein : l’humanité va à la catastrophe du fait de son irresponsabilité. Mais taisez-vous et faites nous confiance ! Nous, responsables, nous vous sauverons si vous faites ce qu’on vous dit ! Les pétroliers n’ont rien à redire à la méthode. D’ailleurs, vous avez vu la dernière pub de Total, où ils se montrent tellement responsables ? Et celle où nous sommes si irresponsables ?

Mais, évidemment, il y a aussi d’autres raisons plus immédiates. Pour le capital, c’est l’occasion d’inventer toutes sortes de taxe et d’augmentations de tarif, sans incidence sur les émissions ! Vous vous souvenez de la « taxe carbone » ? Et l’augmentation du prix du gaz ? Et si, dans la logique de la catastrophe du réchauffement dû à l’émission du COpar combustion d’hydrocarbure fossile, il était logique (et rentable pour les pétroliers !) que le prix du pétrole augmente, celui-ci voit son cours baisser, du fait de manipulations politiques !

De plus, la peur entretenue par le GIEC permet à l’Union Européenne d’inventer des « droits à polluer » qui donnent lieu à une bourse d’échange, permettant aux grandes entreprises de gagner beaucoup d’argent. Par exemple, Mittal, en fermant en France ses aciéries, peut revendre ses droits à polluer… et ainsi s’enrichir de ses fermetures d’usines !

Cette même pensée cherchant à nous faire craindre une sorte de fin du monde est de nature à nous inciter à condamner les pays dits « émergents », en particulier la Chine, définie comme le plus grand pollueur de la planète, en vue de gêner son développement. Or, il se trouve que c’est la Chine qui fait le plus d’efforts sur les énergies renouvelables où elle investit lourdement, ce qui en fait la championne du monde dans la production hydroélectrique et de capteurs solaires.

Il ne faudrait néanmoins pas conclure de tout ceci qu’on peut continuer à brûler du carbone sans conséquences : si cela n’affecte pas le climat, cela affecte gravement notre santé ! Mais cela ne semble pas vraiment émouvoir le GIEC !

DR

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À propos des événements à Hong Kong

Umbrella RevolutionNos médias (les médias du capital, ne l’oublions pas !) adorent les manifestants hongkongais qui, par milliers prétendent-ils, brandissent des parapluies pour exiger la démocratie, la pure, la vraie, l’authentique !

Il paraît que le gouvernement chinois n’est pas d’accord. Il préférerait désigner lui-même les hommes qui dirigeront Hong Kong. Alors, qui a raison, les manifestants ou le gouvernement chinois ? Attention aux réponses un peu trop spontanées !

Nous qui avons l’expérience de cette démocratie dont rêvent, paraît-il, certains Hongkongais, on sait bien que celui qui gagne ce genre d’élection est celui qui a le soutien du capital : la presse lui passe la soupe tous les jours, les sondeurs expliquent qu’il est incontournable et les experts montrent que son programme est vraiment tout ce qu’il y a de plus raisonnable. En somme, le vainqueur est celui qui dispose de grosses sommes d’argent attribuées à sa campagne par ceux qui en disposent, et qui comptent avoir comme « élus » des gens qui prendront soin de leurs intérêts !

On l’a bien vu en France en 2007 lorsque la presse, les sondeurs et les experts ont largement contribué à promouvoir Nicolas Sarkozy. Les mêmes, en 2012, ont soutenu François Hollande ! On constate (comme c’est surprenant !) que l’un et l’autre mènent des politiques relevant de la même stratégie… en faveur du capital !

Dans le cas particulier de Hong Kong, on remarque que la méthode employée par les manifestants se rapproche des « révolutions orange » : une revendication soi-disant démocratique, un emblème simple à reconnaître (ici, les parapluies) et l’occupation permanente d’un lieu central.

Le gouvernement chinois et les Hongkongais ont bien repéré ce qui se tramait. La main étasunienne et britannique ne fait aucun doute ! Cette revendication « démocratique », si elle était effectivement mise en œuvre, aurait en effet comme conséquence à court terme de séparer Hong Kong de la Chine, et de revenir sur l’accord de rattachement de 1997.

Car si on parle auourd’hui de rattachement, c’est qu’il y avait auparavant séparation : pendant les guerres de l’opium au milieu du XIXème siècle, les puissances coloniales avaient obligé le gouvernement chinois de l’époque à concéder des territoires à leur profit exclusif, sous forme de bail de long terme. C’est ainsi que Hong Kong, territoire chinois, est devenu britannique. À l’époque, les Chinois ont parlé de « traités inégaux », dont fait partie le traité de Nankin.

Les Britanniques pensaient bien que Hong Kong leur appartenait toujours. Mais, au terme de ce long bail centenaire, le gouvernement chinois a fait valoir ses droits et signifié à la Grande-Bretagne qu’il ne serait pas renouvelé : Hong Kong allait redevenir une terre chinoise, gouvernée par la Chine.

La République populaire de Chine et le Parti communiste chinois avaient bien préparé l’affaire : pour convaincre les Britanniques de ne pas faire d’histoire et apaiser les craintes de l’économie hongkongaise, l’accord proposé se résumait en : « un pays, deux systèmes » (c’est d’ailleurs la même proposition que fait la Corée du Nord à la Corée du Sud depuis 1953 : « un pays, deux système »).

L’économie de Hong Kong relève donc d’un système capitaliste, sous contrôle de Pékin. Hong Kong n’est donc pas « un pays indépendant » : c’est une province chinoise, mais administrée de façon très spécifique.

Il est certain que la Chine n’envisage pas un instant de revenir en arrière. Les guerres de l’opium sont bel et bien terminées et Hong Kong restera à la Chine.

Le gouvernement chinois a donc expliqué que le futur gouverneur de Hong Kong sera élu par les habitants du territoire. Cependant, les candidats ne pourront pas être des hommes sous influence faisant campagne avec des financements étasuniens et britanniques : Pékin propose donc des candidats qui portent le principe simple, mais complexe : « un pays, deux systèmes »…

Ce type de filtre est-il légitime ? Oui, parce que le « laisser-faire » favorise de fait la fortune, l’argent de l’étranger anglo-saxon, et, dans le cas particulier de Hong Kong, aurait pour but une nouvelle séparation.

On aura remarqué que le gouvernement chinois traite l’affaire par la négociation et un usage prudent des forces de police. Mais il ne cède pas. L’humiliation des traités inégaux du XIXème  siècle n’est pas oubliée ! Aujourd’hui, la Chine a réglé les questions de frontières avec la plupart de ses voisins, en particulier la Russie. Reste la question de Taïwan et celles, en suspens, avec le Japon et le Vietnam.

Il y a là une tentative manifeste des États-Unis de déstabiliser la Chine. Il y en aura d’autres, soyons-en certains. N’accordons aucun crédit à ces manœuvres !

D.R.

Résistance

À propos de la situation en Irak

Irak - Chiites et sunnitesLa situation en Irak semble à peu près incompréhensible. Comment expliquer que des hordes de djihadistes, défaites en Syrie, déferlent soudainement en Irak et prennent d’importantes villes, et ce sans résistance apparente de l’armée régulière qu’on nous présente pourtant comme ayant un effectif considérable ! Et ces soldats kurdes qui surgissent de nulle part, et s’imposent dans le nord de l’Irak ? Et tout ça dans un pays ravagé par le chaos que les États-Unis ont largement contribué à répandre.

 

Les clés de compréhension ne sont pas disponibles dans nos médias. Pour essayer de comprendre, il faut certainement prendre en compte quelques considérations.

 

D’abord, le conflit au Proche-Orient (on serait tenté de dire les conflits mais en fait, le conflit clé est l’agression permanente d’Israël en Palestine, les autres en n’étant que la conséquence), le conflit donc, n’est pas un conflit de religion, mais un affrontement entre impérialisme et anti-impérialistes. Comment expliquer sinon que l’Iran, décrite comme une théocratie chiite par l’Empire, discute et s’allie avec la Russie, la Chine, le Venezuela, et même la Corée du Nord ? Il est clair que ce qui fonde l’alliance entre ces pays n’est pas une question religieuse, mais bel et bien une alliance anti-impérialiste. Il ne s’agit pas de nier l’importance de la religion en Iran, qui semble bien être le ciment national de sa cohésion sociale. Mais ce n’est pas du tout la ligne directrice de sa diplomatie ! Donc, quand on nous parle de guerre entre chiites et sunnites, il faut y voir la main de l’ennemi.

 

L’autre élément de compréhension de la situation en Irak est certainement l’idéal d’organisation sociale des États-Unis. Ces derniers favorisent des entités homogènes sur les plans ethnique et/ou religieux. C’est pour eux une question à la fois idéologique et pratique. Idéologique, parce que leur vision du monde est différentialiste (c’est-à-dire qu’ils voient le monde comme formé d’hommes différents par essence, là où les universalistes voient un monde peuplé de l’homme universel). Selon l’Oncle Sam donc, un sunnite est différent d’un chiite et, toujours selon lui, les deux religions ne peuvent coexister. Donc, chacun chez soi ! D’un point de vue pratique, de petites entités pseudo-étatiques sont bien plus faciles à manipuler et à dominer que de grands États, unifiés par un fort sentiment national comme l’était l’Irak avant l’agression étasunienne.

 

Un autre élément porte sur les djihadistes eux-mêmes. Il faut accepter de les voir comme une armée privée dans les mains étasuniennes ; financée par leurs vassaux saoudiens ou qataris, elle se bat là où l’Empire le lui demande. Cette armée, défaite en Syrie, était opportunément disponible pour agresser l’Irak.

 

On est donc en droit de supposer qu’un plan antérieur avait était imaginé et que ce plan vient d’être mis en œuvre. Il consiste en une partition de l’Irak en trois morceaux : une partie chiite au sud, une partie sunnite au centre et une partie kurde au nord. Bien sûr, le territoire kurde mord sérieusement sur le territoire turc. Mais les États-Unis ne sont pas réputés pour respecter leurs amis. Et soutenir l’Oncle Sam a toujours été aux risques et périls de ceux qui faisaient ce mauvais choix !

 

Le peuple irakien saura-t-il répondre à cette nouvelle agression destructrice ? C’est fort probable, l’expérience des méfaits étasuniens étant maintenant unanimement reconnue dans la région.


D.R. 

Résistance

À propos de l’abstention aux élections européennes…

A votéLorsque 60 % des adultes en France décident de ne pas aller voter, c’est le phénomène politique clé du scrutin. On parle en effet de 60 % de 43 millions d’inscrits. Auxquels il faut ajouter au moins trois millions de gens qui ne se sont jamais inscrits sur les listes électorales. Il s’agit donc de près de 30 millions de français de plus de 18 ans. Cela fait une sacrée majorité !

 

Ces « non-électeurs » ont-ils choisi de ne pas voter, ou leur non-participation est-elle le fruit du hasard ? Les spécialistes du sondage doivent le reconnaître : quand on parle des ouvriers et des employés, on atteint 70 % d’abstention ; quand on parle des cadres moyens et supérieurs, l’abstention baisse à 50 % ! Ne pas aller voter aux européennes est donc bien une attitude de classe sociale !

 

La conséquence est que le parlement européen, qui de toute façon ne parlemente pas beaucoup (puisque c’est le lobby du capital, la commission européenne, qui lui dit ce qu’il doit faire), est illégitime pour l’écrasante majorité de la population. Et je ne vous parle même pas de la Guadeloupe qui s’est abstenue à plus de 90 % ! La lutte de classe, ils nous ont déjà montré qu’ils savaient ce que ça voulait dire !

 

Essayons de comprendre les raisons des abstentionnistes…

 

D’abord, il est facile de remarquer que toutes les listes qui sollicitaient les suffrages des électeurs étaient toutes favorables à l’Europe (y compris, d’ailleurs le Front national, qui ne cherche pas à sortir de l’Europe, mais à renégocier les traités). Or, l’expérience concrète de quelques dizaines d’années de « construction » européenne montre bien que l’Europe est contre les ouvriers et les employés ; elle est pour la baisse des salaires et des pensions, contre les services publics, pour le chômage de masse, pour la concurrence entre les ouvriers des différents pays, et pour les revenus fantastiques du capital.

 

C’est cette expérience concrète qui s’exprime dans l’abstention. Et c’est pour cette raison qu’elle est le phénomène majeur de ce scrutin, parce qu’il faut le reconnaître : ce sont les abstentionnistes qui ont raison, et uniquement eux… Pas ceux qui prétendent « changer l’Europe », mais qui la soutiennent dans la réalité des faits en allant voter dans les urnes du capital !

 

C’est tellement vrai que le capital dominant, organisateur du scrutin et de ces débats, a fait des pieds et des mains pour minimiser autant que faire se peut l’abstention. On a vu deux méthodes à l’œuvre.

 

D’abord, la multiplication des listes. En général, on nous explique qu’il faut limiter le phénomène, parce que ça complique le scrutin, et que c’est malsain. Eh bien là, pas du tout : une trentaine de listes ont pu concourir ! Au final, trois listes sont au-dessus de 15 points, 8 entre 15 et 1 point. Toutes les autres (une vingtaine donc) sont en-dessous de 1 point ! Ah, mais c’est qu’il fallait ratisser large ! Le message était clair : vous n’allez tout de même pas vous abstenir quand vous avez un tel choix !

 

Petite remarque : la seule liste, à notre connaissance, qui avait comme mot d’ordre « sortir de l’Europe », l’UPR, s’est précipité dans le piège. Elle a dû certainement y laisser ses économies pour faire moins de 0,5 % et avoir 1 minute et 30 secondes de « présence médiatique » ! Flattée d’avoir réuni 77.000 électeurs (sur 43 millions…), elle n’est pas inquiète d’avoir pris à contre-pied « la France profonde » d’abstentionnistes ! Bien joué les gars !

 

Mais la lutte contre l’abstention s’est surtout jouée sur la promotion du Front national. Présenté par nos médias comme le champion de l’opposition à l’Europe (ce qui n’est d’ailleurs pas vrai, mais où est le problème ? Quitte à mentir, autant ne pas faiblir !), sa « présence médiatique » a été large et profonde. On peut d’ailleurs supposer qu’en effet, un certain nombre de personnes, et parmi lesquelles des ouvriers et des employés, réellement hostiles à l’Europe, mais encore attachées au système, ont choisi de voter FN. Tout le monde ne peut pas être au même niveau politique. Il y a toujours des traînards… La presse a pu ainsi se flatter que l’abstention n’avait pas progressé ce coup-ci, et qu’on était un peu en-dessous de l’abstention des précédentes européennes. «  Et y sont contents… ». 

 

Mais le véritable enjeu est là : s’abstenir ou ne pas s’abstenir, c’est soutenir ou ne pas soutenir le régime et ses modes de régulation qu’on peut bien qualifier de pourris ! Les bonnes âmes remarquent, doctement, que s’abstenir ne fait pas un programme. Naturellement. Mais ne pas voter, c’est ne pas participer à l’abrutissement médiatique. C’est aussi ne pas se poser les mauvaises questions et ainsi, se préparer aux bonnes réponses !

 

Est-ce si tordu, ce que je dis-là ? Pas tant que ça, car on a une référence historique magistrale.  Au milieu du XVIIIème siècle, les historiens remarquent deux choses. D’une part, la moitié de la population commence à savoir lire et écrire, c’est-à-dire que la communication n’est plus exclusivement orale ; et d’autre part, on constate une forte déchristianisation. Concrètement, dans les campagnes, les gens ne vont plus à la messe.

 

Or, le pouvoir royal de l’époque, basé sur la propriété foncière, était évidemment d’une très grande injustice : l’immense majorité des paysans travaillaient à en mourir pour que quelques nobles gaspillent l’argent qu’ils leur extorquaient ! Comment ce système pouvait-il survivre une seule journée ? Tout simplement grâce à l’Église, entièrement dans les mains des féodaux, et qui avait la fonction de faire accepter cette injustice ! Priez mes frères et ne râlez pas, le paradis est pour vous ! Ne plus aller à la messe n’était pas un programme bien sûr, mais c’était essentiel parce qu’ainsi, les paysans se soustrayaient à l’influence du clergé. Ils étaient ainsi disponibles pour des idées nouvelles. Les épis étaient mûrs pour la Révolution française.

 

Le parallèle avec l’abstention est raisonnable. Parce que nous vivons une immense injustice : le travail de la majorité de la population, méprisée et exploitée, est dilapidée par une poignée d’accapareurs. Comment cette injustice peut-elle se prolonger ne serait-ce que d’un jour ? Parce que nous sommes convaincus que c’est nous qui désignons, démocratiquement, nos dirigeants ! Rien n’est plus faux : que tu votes à gauche ou que tu votes à droite, ce sont toujours les mêmes qui gagnent ! Voilà pourquoi s’abstenir aux européennes, c’est faire le bon choix. Un choix d’avenir…

 

D.R.

Résistance

À propos du « millefeuille » territorial

Marianne cassé par le capitalIl y aurait donc un « millefeuille » territorial, rendant l’administration nationale beaucoup trop compliquée et surtout, bien trop coûteuse. En urgence, il faudrait la « simplifier » ! C’est-à-dire que notre détesté gouvernement, agissant pour les intérêts du capital dominant, se propose de supprimer certains échelons administratifs et d’en promouvoir d’autres. Ce serait un choix « technique » en quelque sorte, de simple bon sens… Eh bien, pas si sûr !

En effet, de quels niveaux administratifs aurions-nous besoin si, rêvons un peu, le pouvoir de décision n’était pas entre les mains de ces pantins du capital, mais dans celles, fermement serrées, d’un peuple maître de son destin ?

Il faudrait un niveau local, les communes, où les habitants organisés autour de leur maire prendraient les décisions répondant à toutes les questions d’intérêt local s’appliquant sur leur territoire. Par exemple, l’aménagement du territoire et l’urbanisme, l’organisation de l’activité économique, et bien d’autres choses. Et rien n’empêcherait des communes voisines de se mettre d’accord sur des questions d’intérêt commun, comme les transports publics locaux. Nous aurions alors affaire à des communes de compétence générale.

Il faudrait aussi un niveau national, l’État, où la population organisée autour d’un gouvernement prendrait les décisions répondant à toutes les questions d’intérêt national. Par exemple sur des questions comme l’énergie (comment la produire ? Comment la distribuer ? Etc.), les transports, la production alimentaire, l’industrie lourde, la poste et les téléphones, fixe et mobile, la gestion d’internet, la gestion des arsenaux, l’armée et la gendarmerie, les relations avec les autres États, etc.

Sans doute faudra-t-il un échelon intermédiaire pour raccourcir la distance entre l’État et les communes. Un représentant de l’État agissant, par exemple, avec quelques milliers de communes, et qui aurait pour fonction de vérifier que les orientations de l’État sont bien mises en œuvre tout en faisant remonter les difficultés locales afin de rectifier, le cas échéant, les mesures prises part l’échelon supérieur.

Ces trois niveaux administratifs semblent bien suffisants. Remarquons que, grosso modo, c’était l’organisation administrative depuis la Révolution Française : des communes de compétence générale, des préfets dans les départements et un État central.

Mais depuis la Libération, avec une nette accélération dans la décennie 70/80, sont venues s’ajouter des strates supplémentaires qui n’ont rien d’innocentes.

La première cible fut la commune. C’était déjà la terreur de l’Ancien Régime, et c’est devenu celle du capital : comment tolérer une population localement organisée autour de ses propres intérêts ? La suppression des communes s’avérant difficile du fait de l’attachement que lui porte la population et étant donné que les tentatives de regroupements n’ont pas non plus été acceptées, il a fallu supprimer leurs moyens d’actions en les privant de leurs compétences pour les faire exercer par des niveaux administratifs supra communaux : communautés de communes, syndicats de communes, communautés urbaines, etc. Le motif invoqué : nombre de communes sont trop petites pour exercer certaines responsabilités. Mais le plus bizarre est que ce sont les plus grosses communes qui ont été le plus durement frappées : non seulement on les a obligées à se constituer en communautés urbaines, mais on a inventé aussi un échelon de « quartier » !

Quelle différence y a-t-il entre une commune et une communauté urbaine ? Elle est essentielle : l’administration de la commune est compréhensible… et donc critiquable ; le maire est bien connu des habitants et ses réalisations sont bien visibles. Par contre, l’administration d’une communauté urbaine est tout à fait opaque ; son président est mal connu et donc difficilement accessible, et ses réalisations sont vues comme des actes de sociétés privées.

À Lille, le nouveau président de la communauté urbaine est par exemple un parfait inconnu. Maire d’une commune de 500 habitants, il a été élu suite à des manœuvres de couloir incompréhensibles. Et leurs auteurs se désolent maintenant de ce que l’abstention progresse…

Mais la commune n’est pas la seule cible. Les départements ont eux aussi leurs détracteurs… Ce sont les conseils généraux, venant en doublure des préfectures et avec des compétences vampirisées aux communes et à l’État (aides sociales et routes).

Mais la grosse entité à abattre reste l’État lui-même. L’Union Européenne a été justement inventée pour jouer contre l’État le même rôle que les communautés urbaines contre les communes : éloigner des yeux et des oreilles du peuple les décisions les plus indignes pour en rendre la critique inaccessible. Mais pour l’État, une autre strate fut encore inventée : les soi-disant régions.

Dotées d’une prétendue compétence économique, elles ont deux fonctions : d’abord dépouiller l’État de toute initiative économique, et ensuite d’organiser la concurrence entre les ouvriers de France. En effet, il paraît que les régions, toutes plus dynamiques les unes que les autres, créent plein d’emplois. Mais alors comment expliquer que le chômage progresse ? Facile : les emplois créés ici sont détruits là-bas ! Ce sont les fameux « pôles de compétitivité ». Ce n’est pas ça « organiser la concurrence » ?

Mais revenons à l’État. Il est attaqué sur trois fronts. Le premier, c’est l’Union Européenne qui lui a déjà piqué sa compétence législative (les trois-quarts des lois votées par le parlement ne sont que la mise en forme de lois européennes – et pour le quatrième quart, on va en reparler !). Mais le parlement a aussi perdu sa compétence budgétaire, puisque le budget de l’État doit être validé par la commission européenne. De même, l’essentiel de la réglementation est européenne : ses fonctionnaires publient chaque année des dizaines de milliers de pages de textes réglementaires sur tout et n’importe quoi. Au point que même les juristes professionnels s’y perdent ! Mais la presse nous explique que ce qui est bien trop compliqué, c’est le code du travail… qu’il faudrait simplifier en urgence !

Le deuxième front auquel fait face l’État… c’est l’État lui-même. Il prend à cœur de s’autodétruire ! C’est justement le dernier quart des lois votées : démantèlement à tous les étages ! Cela a commencé par les soi-disant privatisations, qui, outre d’offrir au capital ses propres entreprises, privent l’État de toutes facultés d’intervention dans les domaines stratégiques que sont l’énergie, les transports, les télécommunications, l’armement, la poste, etc. 


Enfin les régions comme on l’a vu plus haut, mènent l’attaque sur le troisième front en dépossédant l’État des prérogatives qu’il avait en matière d’aménagement du territoire et autres activités économiques (implantations d’usines, etc.).

La situation est donc que, outre les communes, les préfectures et l’État (niveau administratif suffisant), le capital, par le biais de nos élus (mais sans l’avis des citoyens !), a créé l’Union européenne, les régions, les conseils généraux, les communautés de commune et autres communauté urbaines et même les quartiers pour les grandes villes. Soit huit niveaux administratifs !

Et ceux-là mêmes qui ont inventé tout ça nous expliquent maintenant, la main sur le cœur, « que c’est beaucoup trop, qu’il faut simplifier ». Et donc digérer ce foutu millefeuille ! Et devinez ce qui, pour ce gens-là, est de trop ? Les communes, le département et l’État, c’est-à- dire une organisation administrative qui pourrait être utile à l’organisation du peuple. Au lieu de ça, on nous vante les communautés urbaines, les régions et l’Europe. Bref, tout ce qui est utile à l’organisation du capital.


D.R.

Résistance

À propos de la mort d’Ariel Sharon

Ariel SharonÀ l’annonce du décès d’Ariel Sharon, l’Élysée a publié un communiqué de condoléances : « Ariel Sharon, ancien Premier ministre d’Israël, a été un acteur majeur dans l’histoire de son pays. Après une longue carrière militaire et politique, il a fait le choix de se tourner vers le dialogue avec les Palestiniens. Je présente mes condoléances sincères à sa famille et au peuple d’Israël. »

 

Sacré homme de dialogue que ce Sharon ! Il commence sa carrière militaire dans la Haganah, commando spécialisé dans les « représailles » anti arabes. Puis il crée et dirige « l’unité 101 », unité militaire de type terroriste : elle s’illustre, entre autre, en dynamitant les maisons d’un village jordanien (Qibya), tuant 71 habitants !

 

Bref, il fut de toutes les guerres contre les Arabes, commandant et tuant personnellement ! En septembre 1982, lors de l’agression d’Israël contre le Liban, Ariel Sharon couvrit le massacre de Sabra et Chatila. On dénombra  la perte de 3.000 vies humaines !

 

Il s’illustrera également en démarrant les implantations de « colons » en Cisjordanie, dans le but de voler la terre palestinienne. Voilà l’homme de dialogue !

 

Quant à l’évacuation des colons de la Bande de Gaza en 2005, on vit bientôt que le seul but de l’opération était non le dialogue, mais le blocus de Gaza, toujours en place.

 

En effet, Ariel Sharon fut bien « un acteur majeur dans l’histoire de son pays », comme le dit François Hollande ! Et l’histoire de ce pays est l’histoire d’une indignité ! N’est-ce pas pour cette raison que « les milliers » d’Israéliens qui étaient attendus pour rendre hommage au criminel Sharon n’étaient finalement que quelques centaines ? Et au nom de je ne sais quel antiracisme, on voudrait nous empêcher de dénoncer la situation terrible dans laquelle se trouvent les Palestiniens depuis soixante ans !

DR

Résistance

À propos de la quenelle !

Il existe donc des gens, tellement passionnés par la mission qu’ils se sont donnée, qu’ils ont fait don de leur intelligence pour démasquer un antisémitisme fantasmé. Délice divin pour cette nouvelle inquisition, il y aurait quantité d’antisémites que les braves gens, attelés à d’autres tâches, ne voient même pas. Dans ce genre d’exercice, c’est le signe qui compte.

Ainsi, la « quenelle » qu’a promue Dieudonné dans son style potache pour dire « je vous la mets bien profond », mais qu’il décline en l’intellectualisant un tantinet en un « j’emmerde le système », connaît un succès certain « dans l’opinion », comme dirait un sondeur profond.

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il faut comprendre ce geste qui, bien que manquant d’élégance, est abondamment brandi par des milliers d’anonymes et, paraît-il, par quelques footballeurs. Mais nos chevaliers de la nouvelle inquisition, à qui on ne la fait pas, ont eu une révélation : ce serait, en fait, un salut nazi… donc clairement antisémite.

On est en droit de se poser la question : quelle parenté y a-t-il entre ces deux gestes ?

DieudonnéAdolf Hitler bis

On nous dit : « mais si, bien sûr. Antisémite vous-même. Vous ne voyez pas que c’est le même, le bras tendu, la main ouverte, l’un vers le bas, l’autre vers le haut ? C’est évident ! ».

Eh bien, ce n’est pas aussi évident que ça… Parce qu’Hitler avait aussi l’habitude de faire son salut plus sobrement, de cette façon :

Adolf Hitler

 

Plus de bras tendu, plus de main raide, plus de similitude. Ou alors, cela voudrait-il dire qu’Hitler ne donnait pas le même sens à ces deux gestes ? Ben, bien sûr que si !

 

Mais alors, que pensez de ce salut de la Reine d’Angleterre ? Elle fait mine de saluer la foule, mais en fait, hein ?

Reine mère

 

Et Mandela, on dirait bien qu’il fait une sorte de salut militaire, mais on peut se poser des questions, pas vrai ?

 

Mandela

 

Et ce footballeur, comme s’il voulait se protéger du soleil. Il faut pas être naïf…

Footballeur

 

Et regardez bien Carla Bruni qui fait mine de se retirer une poussière dans l’œil  (poussière que le FBI n’a d’ailleurs jamais retrouvée. C’est quand même louche..). Elle n’est pas gênée de faire ce geste équivoque en regardant Obama droit dans les yeux !

Carla Bruni

 

Et j’en connais un Autre qui a bel et bien le bras tendu et la main ouverte ! Quand on sait ce qu’on sait, ça ne vous fait pas drôle ?

JC

 

Et le général De Gaulle lui-même qui se laisse aller à des gestes ambigus… Quelle honte !

De Gaulle

 

Et vous remarquerez que la foule, dans son ignorance, reprend son geste !

Mais il y a franchement plus hypocrite. C’est presque camouflé, ça se voudrait indétectable, mais heureusement, on a l’œil :

Chavez

 

Et il paraît que maintenant les restaurateurs lyonnais hésitent à mettre ce plat à leur carte…

Quenelle

 

parce qu’ils ne veulent d’histoire !

 

Mais c’est bien dommage : j’aime bien les quenelles !

 

DR

Résistance

À propos de l’Afrique du Sud

Derrière l'icôneQue diriez-vous d’un pays qui envoie la police faire feu sur des mineurs grévistes ? Cela s’est produit l’an dernier en Afrique du Sud, et on relèvera pas moins de trente-quatre morts !

L’ANC, le parti de Nelson Mandela, déclara à cette occasion : « La présence policière a […] supprimé les tensions et nous sommes ravis que le calme soit revenu ».

Que diriez-vous d’un pays où l’espérance de vie est d’un peu moins de 50 ans ? C’est la situation actuelle de l’Afrique du Sud. Et ce chiffre n’est qu’une moyenne, parce qu’il paraît que les Afrikaners vivent très vieux ! Rappelons que l’espérance de vie dans la Libye d’avant l’agression était d’un peu plus de 77 ans (78 aux États-Unis !). On trouve une espérance de vie inférieure dans des pays comme le Tchad ou le Nigéria. Même le Mozambique fait mieux !

Cinq millions de Sud-Africains, soit 11 % de la population, sont infectés par le virus du Sida, ce qui en fait le pays le plus touché au monde.

Cela donne une idée des soins qui sont portés aux habitants dans un pays qui se vante d’avoir le premier PIB d’Afrique ? Cela ne veut-il pas dire que certains s’en mettent plein les poches, pendant que la majorité n’a rien ?

Mais il paraît que les ouvriers agricoles viennent d’obtenir une hausse de salaires de 52 %… Pas mal. Petit bémol, cela met le salaire journalier à 9 € ! Deuxième bémol, les fermiers qui pourront démontrer que cette augmentation est insupportable pour leur exploitation en seront dispensés ! C’est par centaines qu’ils vont faire des recours !

L’apartheid a été un système haï par les peuples du monde, ce qui faisait de l’Afrique du Sud un pays isolé. Il n’était soutenu que par les États-Unis, qui ont une grande expérience de l’apartheid, par Israël, qui en a une pratique constante, et par la Grande Bretagne, qui trouvait cela assez naturel ! La fin de l’apartheid a été un soulagement. Mais, contrairement à de nombreuses espérances, cette fin de l’apartheid fut loin d’être la fin du capitalisme. La bourgeoisie sud-africaine, réintégrée dans le commerce mondial, a pu en tirer le maximum d’avantages. Résultat, les deux tiers des familles noires sont pauvres (et la moitié d’entre elles sont en état de sous-alimentation).

Bref, aux cérémonies qui ont suivi le décès de Nelson Mandela, il n’y avait pas beaucoup d’ouvriers ni de paysans : ils étaient au travail, sauf les 30 % qui en cherchent !

DR