Résistance

À propos de la situation en Syrie

Déclin étasunienTout laisse à penser que l’agression lancée contre la Syrie par l’empire étasunien, ses vassaux français et britannique, et des pays arabes félons, va finalement échouer. C’est un fait nouveau. En effet, depuis la chute du mur de Berlin, les agressions de l’Empire avaient atteint l’essentiel de leurs objectifs : détruire l’État agressé et n’y laisser que chaos et désolation. C’est ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye.

L’État syrien ne sera donc pas détruit. Son indépendance à l’égard de l’Empire va perdurer, son soutien à la Palestine va se poursuivre et sa résistance contre Israël va s’aiguiser.

Voilà une bien bonne nouvelle ! Cependant, les choses ne sont pas encore entièrement stabilisées, mais la tendance est nette.

D’ailleurs, la préoccupation actuelle des pays occidentaux est d’éviter le retour des takfiristes (djihadistes particulièrement violents) qu’ils ont contribué à expédier en Syrie.

Les visées hégémoniques de l’Empire peuvent donc être contrées. La sauvagerie même de l’agression dont la Syrie est encore victime et une politique adéquate de son gouvernement, présidée par Bachar El-Assad, à l’intérieur comme à l’extérieur, lui ont permis de s’appuyer sur la population et sur de nombreuses aides internationales. Les combattants du Hezbollah ont su renforcer le front intérieur, la Chine, la Russie et l’Iran représentant l’arrière-garde.

D’autres pays participent à ce vaste front anti-impérialiste. Sans en faire une longue liste, citons Cuba, le Venezuela. Et l’Iran entretient de bonnes relations avec la République populaire démocratique de Corée.

Ce rassemblement de peuples et de gouvernements pourraient sembler hétéroclite au premier abord. Et pourtant, il ne l’est pas. Il n’y a pas de conflit idéologique dans cette affaire, mais un combat entre la volonté hégémonique de l’Empire étasunien d’une part et la volonté d’indépendance des peuples d’autre part. Rappelons qu’Hassan Nasrallah lui-même a appelé, il y a un peu plus d’un an, à l’unité des musulmans contre l’Empire, au-delà des divergences confessionnelles. D’ailleurs, à chaque fois que notre presse parle d’un attentat contre une communauté religieuse musulmane, il faut y voir la main de l’ennemi étasunien ou israélien !

Une preuve que la religion n’est pas en cause dans ce conflit : Bachar El-Assad a souvent été attaqué au motif qu’il gouvernerait son pays avec une minorité religieuse. Mais le roi du Maroc, alaouite comme lui, n’a pas montré beaucoup de solidarité ! Le problème n’est donc pas religieux ; il résulte de son soutien ou non à l’impérialisme. Il y a ceux qui se soumettent à l’Empire et ceux qui résistent !

Il est bien naturel que la Chine soutienne la Syrie en butte à l’agression impérialiste. Rappelons-nous le poème d’Aragon, la Rose et le Réséda : « celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas / Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats / Lequel montait à l’échelle et lequel guettait en bas ».

Affronter l’impérialisme demande de s’unir sans arrière-pensée, de surmonter ses divergences dans le combat. Chacun, naturellement, a le devoir de conserver et de développer ses propres convictions, mais sans en faire un préalable dans la lutte. C’est la grande alliance qui vaincra l’Empire !

 

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Résistance

À propos de l’ouverture des magasins le dimanche

Travail dominical : pour les patrons !Le pouvoir d’achat des ménages ne dépend pas de l’horaire d’ouverture des commerces ; c’est une valeur fixe. Mais la répartition de cette valeur entre les commerces dépend étroitement des plages horaires d’ouverture. On voit donc que les commerces qui souhaitent ouvrir le dimanche demandent benoîtement à ce que leurs revenus augmentent… au détriment de ceux qui ne peuvent pas ouvrir. L’ouverture du dimanche favorise donc la concentration du capital. Chacun a à faire son choix : être pour ou contre l’ouverture le dimanche, c’est être pour ou contre la concentration du capital !

Prenons l’exemple de Bricorama. La célèbre chaîne de magasins de bricolage, qui n’a pas le droit d’ouvrir le dimanche en région parisienne, conteste que ses concurrents, Leroy-Merlin et Castorama, puissent le faire. L’affaire va en justice, et Bricorama perd ! Surprise ? Eh bien pas vraiment ! Il suffit de comparer les chiffres d’affaires : Bricorama : 732 millions d’euros ; Leroy-Merlin : 5,5 millards ; Castorama : 3,3 milliards ! Il est clair que pour la justice aussi, l’ouverture du dimanche est une question de concentration du capital… et elle est pour !

Mais ces questions d’ouverture du dimanche ont un autre volet, syndical celui-là, et il n’est pas très glorieux ! Certes, nombre de syndicats résistent, comme par exemple les cinq UL CGT du Bassin Minier Ouest. Mais où sont donc les confédérations ? Elles laissent, quasiment sans réagir, les patrons manipuler les salariés qui viennent dire : « on ne gagne pas beaucoup, alors travailler le dimanche, ça met du beurre dans les épinards ! ». Et ces étudiants d’expliquer devant des caméras compatissantes que « le dimanche, c’est le seul jour où on peut travailler… parce que les bourses ne volent pas très haut ! ». Et on voit des salariés, avec tee-shirts et banderoles fabriqués par le service com de la maison, manifester sur les Champs-Élysées. Il n’y a pas problème, là ? Les salaires bas, le temps partiel, les bourses de misère, ça ne demande pas une expression syndicale, des explications, des commentaires, une prise de position, une mobilisation ?

Les syndicats, et surtout leur direction, permettent d’intégrer le prolétariat dans la société capitaliste à travers des aménagements, et ce afin de contenir la colère des exploités. Pour Léon de Mattis, auteur de « mort à la démocratie », « le patronat et l’État se cherchent toujours des interlocuteurs pour représenter ceux qui luttent contre eux. Ils savent que c’est la meilleure manière d’en stériliser la puissance potentielle. Or, il n’y a aucune permission à demander avant de s’opposer en actes aux décrets du pouvoir qui nous oppresse. La sédition n’a pas besoin de se justifier. Elle est en elle-même sa propre justification ». Difficile de lui donner tort…

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À propos de l’élection de Brignoles…

Absention révolutionnaireMais quel est donc le phénomène majeur de l’élection cantonale de Brignoles ? Est-ce l’élection d’un conseiller général du Front national, ou est-ce l’abstention ?

 

Pour la presse et les partis politiques de tous bords (mais y a-t-il vraiment plusieurs bords ?), la chose est claire : les réflexions, les analyses et les supputations portent sur l’élection du candidat FN, et sur rien d’autre. Pourtant, quand les deux tiers des électeurs ne se dérangent pas pour le scrutin, il y a quand même un vrai phénomène, non ?

 

Et encore, on ne nous annonce que des taux d’abstention pour l’ensemble du canton. On ne connaît pas les détails du vote de Brignoles, mais à Lille, quand l’abstention est de 60 % sur la ville, elle monte jusqu’à 75 % dans les quartiers populaires. Le Figaro laisse pointer une indication quand il dit que pour le second tour, « sur l’ensemble du canton de Brignoles, le taux de participation s’élevait à 47,47 % (soit 52,63 % d’abstention, NDLR) contre 33,40 % au premier tour. Et sur la ville même de Brignoles, le taux a dépassé les 50 % (50,2 %), contre 35,97 % (au premier tour, NDLR) ». En somme, la ville même a davantage participé que sa périphérie. Et les catégories populaires sont-elles plus en ville qu’en périphérie ? Si la réponse est oui, Brignoles serait une exception en France, car depuis trente ans, la politique du logement pousse la classe ouvrière dans les périphéries, réservant les centres-villes aux « élites ».

 

De plus, au premier tour de 2011, l’élection de Brignoles (invalidée par la suite, d’où la partielle de ces jours-ci) connaissait un taux d’abstention de 57 %, selon le ministère de l’intérieur, pour finalement atteindre 67 % ce coup-ci ! Non seulement on est face à un phénomène massif, mais en nette progression ! Et ça ne vaudrait pas le coup de tenter d’y réfléchir ?

 

Aujourd’hui, on nous parle de Brignoles, mais chacun d’entre nous peut facilement vérifier que dans son coin, on peut étayer la même analyse : l’abstention est massive, elle est populaire et en constante progression. Alors essayons de comprendre : a-t-on affaire à une bande de zombies, abrutis par la misère, l’alcool et la téléréalité, inconscients des enjeux, méprisables pour leur attitude indolente ? Ou bien faut-il voir dans l’abstention une position rationnelle ? Je penche pour cette dernière, fruit de l’expérience !

 

La mobilisation n’a-t-elle pas été forte pour chasser Nicolas Sarkozy et le remplacer par François Hollande ? Et quel est le résultat ? Y a-t-il eu une modification de la politique française sur les salaires et les retraites, sur les licenciements, sur l’Europe, sur l’asservissement à l’Empire, sur le combat mortifère contre les peuples du monde ? N’est-il donc pas rationnel de se poser la question : à quoi a servi mon vote ?

 

Si mon vote est dans l’incapacité d’obtenir une modification, aussi minime soit-elle, en faveur des intérêts du peuple, dites-moi pourquoi est-il alors si important d’aller voter ? À moins que ça ne serve simplement à déterminer l’individu qui représentera les intérêts du capital ? Pour ensuite lui reconnaître l’autorité de le faire ? Que cela se fasse sans moi est donc légitime…

 

« Ah ! Mais ça ne fait pas un programme ça », me rétorqueront les intransigeants du vote. À ceux-ci, je leur répondrai qu’au milieu du XVIIIème siècle, la déchristianisation a atteint peu à peu la majorité de la population, aussi bien dans les villes que dans les campagnes : le dimanche, les églises restaient quasiment vides !

 

Ce refus d’aller à la messe ne constitue pas un programme en lui-même, certes. Mais cela soustrait les non-participants à l’emprise idéologique de l’Église, soutien du féodalisme. Cela laisse libre d’embrasser d’autres idées, de se rendre perméables à d’autres influences, d’aller chercher ailleurs que dans les soutanes du curé une explication du monde, de se faire sa propre opinion… sans l’Église !

 

Actuellement, le peuple est scindé en deux parties : d’une part, 70 % d’abstentionnistes qui ne voient pas d’issue dans les scrutins qu’on nous propose, et d’autre part, 30 % d’accros au vote, convaincu que la fois prochaine, ça va être formidable !

 

Quand on a à cœur les intérêts populaires, à qui doit-on s’adresser prioritairement ? Aux 70 % de réfractaires aux politiques anciennes, ou aux 30 % qui cherchent à déterminer au fil des scrutins le candidat qui les trahira le mieux, comme cela se passe depuis trente ans ?

D.R.

Résistance

Venezuela : à propos d’une attaque sournoise !

Papier toiletteCourrier international rapporte une drôle d’affaire : il y aurait au Venezuela une pénurie de papier toilette. Le gouvernement a pris les choses en main : deux douzaines de militaires, en tenue et en armes, ont eu la mission de protéger des fonctionnaires qui inspectent l’entreprise privée Manpa, principal producteur de PQ, couches culottes et protections hygiéniques. Tant que dure l’inspection, les frais d’entretien des militaires sont à la charge de l’entreprise !

 

Les fonctionnaires sont chargés de vérifier le processus d’approvisionnement et la chaîne de production. Ils semblent, en effet, soupçonner un sabotage !

 

Il n’y aurait rien d’étonnant à ça. Le capital vénézuélien, sous autorité étasunienne, combat en permanence le gouvernement populaire. Et l’affaire n’est pas anodine : c’est une agression du capital qui cherche à déstabiliser le gouvernement du Président Maduro en créant des difficultés à la population. Les réactionnaires critiquent le contrôle des prix et le contrôle des changes. C’est-à-dire qu’ils condamnent « les contrôles » pour recouvrer « leur liberté » ! Liberté d’extorquer, liberté d’exploiter, liberté de ruiner ! Ils ne l’ont pas et en sont fort marris !

 

Le gouvernement protège, quant à lui, la liberté du peuple de disposer de PQ ! Militaires à l’appui !

 

Puisque le capital vénézuélien semble considérer la production de PQ comme une « production stratégique », la réponse pourrait bien être : puisque c’est stratégique, cette production sera planifiée, et les moyens de production appartiendront au peuple !


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À propos de la situation en Syrie

Terrorisme en SyrieCeux qui ont dit que l’Irak de Saddam Hussein avait des armes de destruction massive, et qui, pour ce motif, ont détruit ce pays, ceux qui ont dit que la Libye de Mouammar Kadhafi avait bombardé la population de Benghazi, et qui, pour ce motif, ont détruit le pays, les mêmes, exactement les mêmes, nous disent aujourd’hui que la Syrie de Bachar el-Assad a utilisé du gaz sarin et menacent le pays d’une intervention.

 

Laurent Fabius, notre dangereux ministre français des affaires israéliennes, n’a besoin d’aucune preuve pour affirmer la culpabilité du gouvernement syrien. La haine lui suffit !

 

Mais l’Empire et ses vassaux sont en train de perdre cette guerre qu’ils mènent en sous-main par des mercenaires fanatisés. Ces gens sont dangereux. Ils sont aux abois. Ils sont donc capables des pires exactions. Les Syriens le savent, et certainement s’y préparent. Leurs alliés aussi.

 

Et nous, en France, que pouvons-nous faire ? On voit bien, par leurs mensonges-mêmes, que l’opinion publique est un enjeu. Serons-nous indifférents à ce qui se passe ? Ce serait accepter les attaques, les bombes, les missiles qu’ils s’apprêtent à utiliser.

 

Faisons savoir autour de nous notre propre opinion : ce sont les pires ennemis des peuples, des menteurs sanguinaires. Soyons convaincus que la Syrie sera sauvée par ses propres forces

Et que l’Empire sera vaincu !


D.R.

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À propos de ces attentats qui tombent à pic

Guerre contre le terrorismeCes trois récents attentats, à Boston, à Tripoli et au Canada, sont vraiment bizarres ! D’abord, comme beaucoup d’autres, on a du mal à comprendre le mobile. Quels sont les avantages militaires ou politiques que les auteurs sont censés en tirer ? On ne voit pas bien ! La seule explication qu’on nous livre est que les auteurs sont des fanatiques… des fous en quelque sorte. Et un fou n’a pas besoin de motif pour agir, c’est bien connu ! Mais c’est un peu court quand même !

 

Ce qui renforce notre incrédulité, c’est qu’on voit assez bien où est l’intérêt des autorités politiques qui se présentent comme les victimes. L’attentat de Boston aura déjà une incidence intérieure : en quelques heures, toute une ville est bloquée par le FBI, et les libertés publiques suspendues. Cet attentat aurait été commis par des Tchéchènes. C’est assez original : deux jeunes hommes auraient fait des milliers de kilomètres depuis leur Tchétchénie natale pour poser deux bombes à l’arrivée du marathon de Boston. Vous aurez remarqué que les preuves matérielles font un peu défaut. Ils sont photographiés dans la foule, puis la police tire des centaines de cartouches, en tue un et blesse le second au point qu’il perd l’usage de la parole. Il est alors entendu par la police en l’absence d’avocat. Ces déclarations nous sont transmises par la police ! La complaisance de la population avec la police que nous a montrée la télé est hallucinante : espérons que ce ne sont que des micros-trottoirs soigneusement choisis !

 

Les Étasuniens se découvrent donc des ennemis tchéchènes. Et qui a aussi des problèmes avec la Tchétchénie ? Mais la Russie, bien sûr ! Des choses comme ça, ça rapproche ! On peut discuter entre frères. Se mettre d’accord, par exemple, pour combattre ensemble le « terrorisme tchétchène », jusque-là largement alimenté par les États-Unis. Peut-être stopper l’envoi de djihadistes tchétchènes dans la Syrie toute proche, et pourquoi pas, demander comme un service à la Russie, une mission de paix en Syrie, ce qui permettrait aux Étasuniens de s’en dégager.

 

Le presque attentat du Canada est franchement rigolo ! La police aurait démantelé un réseau terroriste d’Al-Qaïda qui aurait été financé par l’Iran ! Ce n’importe quoi lui a permis quand même de renforcer ses lois anti-terroristes : la suspension des libertés publiques est à l’ordre du jour.

 

L’attentat qui a blessé deux gendarmes et partiellement détruit l’ambassade de France à Tripoli est lui aussi suspect. Quels peuvent être, au juste, les avantages politiques ou militaires que ces terroristes-là pourraient tirer d’un tel acte ? On ne voit pas bien. Les attentats commis par le FLN pendant la guerre d’Algérie, à la bombe dans des lieux publics, ou au revolver dans les rues d’Alger, tuaient pour de bon des colons et des militaires. Ils étaient reliés aux activités de l’Armée de Libération Nationale, et leur sens était très clair : c’était une guerre entre une puissance coloniale et un peuple qui se libérait, en utilisant les armes dont il disposait. « Donnez-moi vos avions, je vous donnerais mes couffins », aurait dit Larbi Ben M’hidi avant d’être assassiné sur l’ordre d’Aussaresses.

 

Mais pour ce qui c’est passé à Tripoli, on nous rabâche « qu’à un quart d’heure près, ça aurait été un massacre ». Il faut donc imaginer que ces terroristes-là agissent sans but, et qu’en plus, ils ne savent pas lire l’heure !

 

Par contre, le gouvernement français sait, lui, en tirer parti : la « lutte contre le terrorisme » serait une réalité qui justifie tous les actes de nos gouvernants.

 

On ne peut donc pas exclure que ces attentats aient eu lieu « sous fausse bannière », à usage interne, cherchant à justifier, auprès des populations concernées, les politiques de régression et d’agression menées par les États-Unis et ses auxiliaires français et canadiens.

 

D.R.

Résistance

À propos du mariage homosexuel

 

Le mariage pour tousCe débat sur le mariage homosexuel nous ferait presque croire qu’il existe vraiment une gauche qui s’oppose avec la plus ferme énergie à la droite. Sur ce point, c’est raté, car la question clive les deux courants. Justement, il se pourrait bien que tout ceci n’ait pas grand-chose à voir, ni avec le mariage, ni avec les homosexuels.

 

Voyons les termes du débat. Le mariage est une institution en nette perte de vitesse. Les naissances hors mariage qui étaient de 5,9 % en 1965 ont explosé à 54 % en 2010, selon une courbe ascendante qui ne faiblit pas. Initialement marginal, faire des enfants sans être marié devient aujourd’hui la norme !

 

L’église, qui a voulu faire du mariage un sacrement indissoluble, a dû céder la place à la République, qui n’a guère pu faire faire mieux. Il faut dire que ces derniers temps, la République est bien décevante : les salaires baissent et l’avenir est incertain. Alors, à quoi bon solliciter monsieur le Maire pour vivre ensemble ? En effet, quand on se marie, c’est rarement en vue de mener une vie commune : c’est souvent déjà fait. Alors, on se marie pour un prêt bancaire, pour faire plaisir à sa vieille maman, pour adopter un enfant, pour obtenir la nationalité française (en 2011, 13 % des mariages unissent un couple dont l’un des conjoints est de nationalité étrangère). Ou pour bien d’autres raisons, dont chacun peut citer des exemples.

 

Alors, le nombre de mariage s’effondre. Selon l’INED, la baisse est de 20 % en seulement 10 ans (de 2001 à 2011). Dans la même période, le nombre de Pacs à été multiplié par 23 ! En 2011, environ 5 % des Pacs unissaient des homosexuels. D’ailleurs, le Pacs offre à peu près les mêmes avantages sociaux que le mariage, à un gros détail près, très sensible pour les couples vieillissants, la pension de réversion n’est pas prévu. Remarquons que modifier le Pacs sur ce point ne soulèverait surement pas un « débat de société » ! Mais on ne parle pas de Pacs mais de mariage pour les homosexuels.

 

Justement, qui sont-ils ? Le journal Têtu a chargé l’IFOP de mener l’enquête. Il en ressort qu’environ 3,5 % de la population se déclarent homosexuels et qu’aux 2/3, ce sont des hommes. Ils ne sont pas beaucoup plus parisiens, ni cadres supérieurs que la moyenne. La seule spécificité est que les homosexuels ne sont que 50 % à vivre en couple, alors que les hétéros le sont à 70 %.

 

En somme, on propose aux homosexuels, moins demandeurs que la moyenne, de contracter un mariage que chacun s’accorde à voir comme ringard ! C’est franchement pas sympa ! Parce que, à la différence du Pacs, qui est indifférent à la procréation, le mariage la prévoit.

 

Alors faisons une hypothèse. Imaginons que le problème ne soit ni le mariage, ni les homosexuels. Mais que ce soit un débat, très vif, au sein même de la bourgeoisie. Une partie de cette bourgeoisie, plutôt parisienne, qui se veut moderne et libérée, trouve que faire des bébés, c’est chouette, mais la grossesse, c’est chiant. Madame est patraque pendant des mois, l’accouchement est vraiment déplaisant, et puis, ça fait tomber les seins. Alors, le mieux, c’est que ce soit la bonne qui s’y colle. Ça va coûter un peu, mais, bon, elle sera si contente de gagner un peu d’argent !

 

Une autre partie de cette même bourgeoisie, venant des anciennes régions catholiques, comme la Bretagne, l’Alsace ou le Sud-ouest, s’y oppose farouchement. Pour eux, un bébé, ça se fait avec une dame et un monsieur, point à la ligne. Remarquons que ce n’est pas faux ! Mais c’est absolument interdit par la loi, les mères porteuses. D’ailleurs, tout commerce du corps est interdit : on ne peut ni vendre ni acheter un œil, un foie ou un rein. Pas même du sang. Et cette règle est somme toute assez consensuelle.

 

Et puis, ce n’est pas dans la loi, me direz-vous. D’ailleurs, le Président l’a dit clairement : cette partie est retirée et fera l’objet d’un débat ultérieur. Justement, si c’est retiré, c’est que cela y fut. Et qu’on en reparlera. Mais, allez vous ajouter, la question ne se pose que pour les homosexuels ! Certes, mais imaginons que, pour cette partie de la population, la loi permette les mères porteuses, cette bourgeoisie qui se veut moderne réclamera immédiatement, au nom de l’égalité, que cela lui soit aussi permis.

 

La meilleure façon de détruire une loi consensuelle, c’est de lui trouver des exceptions.

 

D.R.

À propos de la Corée populaire…

Impérialisme étasunienLa République populaire démocratique de Corée (RPDC) serait en pleine crise paranoïaque. Elle voudrait la guerre, nous dit-on. Pourtant, chaque année, les États-Unis et ses auxiliaires sud-coréens font des manœuvres militaires aux abords de la RPDC. Cette année, début mars, elles ont été d’une ampleur exceptionnelle, avec porte-avions, bombardiers B 52, dits « stratégiques » (c’est-à-dire avec bombes atomiques), et avions furtifs F 22. Plus de 200.000 militaires ont été mobilisés à cette occasion. À quoi peut servir un tel déploiement de force, sinon à l’intimidation !

 

On peut donc se poser la question : qui menace qui ? La RPDC menacerait-elle les États-Unis ? Avec son budget militaire, paraît-il énorme, mais qui représente moins de 1 % du budget militaire étasunien, lui-même équivalant à peu de choses près à la moitié de toutes les dépenses militaires du monde !

 

Prenez une feuille de papier et écrivez d’un coté « Corée populaire ». En-dessous, dressez la liste de tous les pays qu’elle a agressés depuis 1945. De l’autre coté, écrivez « États-Unis », et faites la liste de tous les pays qu’ils ont agressés dans la même période. Alors, qui est l’agresseur et qui est l’agressé ?

 

De plus, l’expérience montre qu’aucune conciliation n’est possible avec les États-Unis. Regardez ce qui s’est passé en Irak. Saddam Hussein a dit : « je n’ai pas d’arme de destruction massive, venez chez moi pour inspecter ». Ce geste de bonne volonté n’a servi à rien, il est mort et son pays est détruit. L’Iran a signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires parce qu’il souhaitait être aidé pour développer le nucléaire civil. Il est en permanence menacé. Mouammar Kadhafi a été jusqu’à indemniser les victimes de l’attentat de Lockerbie, alors que sa responsabilité n’y est pas engagée. Il a été assassiné et son pays est détruit.

 

Essayer d’avoir des rapports cordiaux avec les États-Unis est vain. Ils portent l’hégémonie dans leurs gènes ! L’historien américain Howard Zinn explique que, durant les guerres indiennes, génocide fondateur des États-Unis, les gouvernements de l’Oncle Sam ont signé plus de 400 traités avec les tribus indiennes, et que tous ont été violés, sans exception !

 

Connaissant tout cela, on voit bien que la question n’est pas d’essayer d’amadouer les États-Unis par des sourires et des gentillesses, mais uniquement de savoir s’ils s’apprêtent ou non à une agression contre la RPDC. Il semble bien que la réponse soit oui !

 

Selon certains analystes, leur stratégie de contrôle du Proche-Orient a fait faillite. De plus, leurs besoins en pétrole importé sont moins criants, depuis qu’ils exploitent, sur leur sol, et dans des conditions environnementales épouvantables, les gaz de schiste. Ils se prépareraient donc à se recentrer sur l’Asie pour contenir la Chine. La RPDC est pour eux un objectif en soi. Mieux, elle est leur entrée sur la Chine ! Ils ont déjà fait le coup en 1950 ! Le risque d’une agression est donc bien réel.

 

Face à cette situation, faut-il faire des sourires ? Raconter que tout cela n’est pas si grave ? Ce n’est pas le choix que fait la RPDC. Elle dit : « si vous nous attaquez, on se défendra en y mettant tout notre cœur ! » La Corée ne baisse pas les yeux. Comment lui donner tort ?

 

D.R.

À propos de l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Notre-Dame des Landes - VinciNous vivons dans un monde formidable : les caisses sont vides, il y plus un rond, nous dit-on, mais pour Vinci, c’est différent ! Pour eux, il y a tout l’argent qu’il faut, parce que eux, ils sont au CAC 40. Alors, ils vont construire un nouvel aéroport du côté de Nantes, (enfin, ils essayent !)

 

L’État a signé un contrat avec Vinci fin 2010. À l’époque, c’était donc Nicolas Sarkozy qui était président. Le changement, c’est pour maintenant, donc on continue pareil ! C’est simple : l’État lève l’impôt, et Vinci encaisse. L’aéroport ne sert à rien, pensez-vous ? Grave erreur, il est très utile, au contraire, pour enrichir Vinci !

 

Un syndicat mixte aéroportuaire a été créé pour l’occasion. Il est composé de 21 collectivités territoriales. Son président s’appelle Jacques Auxiette (PS), qui est aussi président du conseil régional des Pays de la Loire. Ce fut un honnête professeur de mathématique pour devenir, au fil de ses mandats successifs d’élu, pourvoyeur d’affaire du capital ! Belle carrière, camarade !

 

Donc, il faut payer. Le syndicat mixte a voté pour 2012 un budget de 14,5 millions d’euros. Mais comme ce n’est pas grand-chose, il y a tout de suite, toujours pour 2012, une rallonge de 10,7 millions d’euros, soit, pour le début, plus de 25 millions ! Mais en 2012, les travaux n’ont pas encore commencé ! Quand les travaux vont commencer ce sera plus cher, c’est sûr. Et Vinci, dans une jolie vidéo d’images de synthèse, explique que le plan va jusqu’en 2065 ! Ça, c’est du projet, du vrai, du lourd, du cher, du juteux !

 

Mais certainement que d’ici là, si Vinci a un petit creux dans son agenda, ils vont vouloir construire une ligne de TGV, ou une nouvelle autoroute, ou un port. C’est bien un port, non ?

Alors une question se pose : est-ce l’État qui contrôle Vinci, ou Vinci qui contrôle l’État ?

 

D.R.

À propos de trois cailloux

 

Les îles Diaoyu sont chinoises depuis l'antiquité et persEn fait, ils sont cinq… ou huit. Ce sont des îles inhabitées. Ce sont les îles Diaoyu. De beaux esprits ricanent qu’on puisse se battre pour des bouts de terre où il n’y a personne. Et les mêmes s’insurgent des sentiments nationalistes que le peuple chinois met à affirmer sa souveraineté sur ces îles. « Mais que c’est réactionnaire tout ça », nous disent-ils.

Aucun pays au monde n’accepte que des parties de son territoire soient ambitionnées par d’autres, mais les populations peuvent être plus ou moins mobilisées. En Chine, le souvenir est encore vif des « guerres de l’opium », où des traités inégaux, imposés par l’Occident au 19ème siècle, ont conduit au dépeçage du pays. Quant au Japon, le souvenir est non moins vif, puisqu’il envahit la Chine au début des années 30, et imposa au peuple chinois une longue et douloureuse guerre de libération nationale.

Aussi le sujet est-il fort sensible en Chine, et la population tout à fait déterminée, derrière son gouvernement, à maintenir sa souveraineté sur ces territoires, même inhabités. C’est une question de principe.

Mais au-delà du principe, il y a un réel intérêt économique et stratégique, puisque le droit international accorde une zone économique exclusive jusqu’à 200 miles nautiques (370 kilomètres) au large des côtes. C’est comme ça que la France se trouve être le deuxième domaine maritime du monde (un peu après les États-Unis) grâce à ses possessions dispersées dans les océans du monde. De plus, la Chine aimerait sans doute avoir une petite sortie sécurisée vers la haute mer. L’espace maritime chinois est un peu enfermé à l’est par la Corée du Sud et le Japon, et à l’ouest (la route de l’Afrique) par l’Indonésie et la Malaisie. Tout ceci n’est pas négligeable.

Les îles Diaoyu sont incontestablement chinoises. En recherchant Diaoyu Dao sur Google Earth, on voit que ces îles sont sur le plateau continental chinois. Alors les Japonais s’appuient sur un argument typiquement impérialiste : « nous sommes propriétaires de ces îles, on les a achetées ». C’est l’argument des sionistes : « nous avons acheté les terres palestiniennes ». C’était la pratique des colons étasuniens qui ont « acheté » des terres au Mexique. La propriété que peut avoir un État sur une terre étrangère ne lui donne aucune souveraineté sur cette propriété. Par exemple, la France est propriétaire de la Villa Médicis à Rome (sept hectares quand même), mais elle n’y a aucune souveraineté, et sa propriété s’exerce dans le cadre du droit italien. L’exception à cette règle (ce qui montre qu’il y a bien une règle) est l’extra territorialité diplomatique.

La Chine est parfaitement légitime à affirmer son droit sur les îles Diaoyu, et les ricanements médiatiques ne changeront rien à l’affaire.

D.R.