Le jeu Dictator

jeu dictator

Afin de vérifier certaines théories sur le comportement humain, les psychologues ont souvent recours à des expériences. Ces dernières mettent en évidence les réactions des individus dans une situation spécifique. Elles varient selon les contextes et objectifs visés par les psys. Parmi ces expériences, le jeu Dictator est l’un des plus populaires de simulation politique.

Encore appelé ‘’le jeu du dictateur ‘’, il représente une expérience utilisée en psychologie sociale et en économie. Il s’agit d’une variante du jeu de l’ultimatum. Découvrez ce jeu, ses principes et son but.

Le jeu Dictator : qu’est-ce que c’est ?

Dictator est un jeu de négociation à titre expérimental. En 1994, Forsythe, Horowitz, Savin et Sefton ont eu à faire usage de cette expérience. Leur but était de révéler le comportement prosocial généreux de l’un des participants de la négociation.

L’objectif spécifique de ce jeu réside dans l’étude d’une situation extrême. Dans cette situation, l’un des acteurs possède un pouvoir de négociation faible (le bénéficiaire) par rapport à son partenaire (l’offreur). Ce dernier se trouve ainsi dans une position où il pourrait imposer ses décisions ou son point de vue.

Le jeu Dictator est une variante de « l’ultimatum » où les règles de négociations sont plus allégées. Dans le jeu du dictateur, les conditions de négociation qui contraignent le bénéficiaire sont plus rudes. En effet, déjà à la 2e étape du jeu, celui-ci n’a droit à aucun droit de veto. Il perd donc tout pouvoir de refus et se retrouve dans l’obligation d’accepter l’offre de son partenaire. Ceci fait de lui le ‘’récipiendaire’’, ‘’le bénéficiaire ou ‘’le receveur’’.

Outre le cadre très élégant, Dictator présente un avantage subtil en tant que receveur dans le cadre de la négociation. La faiblesse dans les décisions ne prive pas forcément le bénéficiaire de se faire de gros profits. En effet, ce dernier peut mettre sur pied des stratagèmes intuitifs pour avoir beaucoup plus d’intérêts.

L’un des exemples est la possibilité du receveur de se faire connaître auprès de l’offreur. Il pourrait entrer en contact avec lui et lui faire savoir ses besoins. Ainsi, on pourrait remarquer que l’altruisme des dictateurs varie en fonction des situations. Il peut être conditionné par le comportement, le personnage, la technique ou les formules de négociation du bénéficiaire.

Intérêt du receveur à lever l’anonymat

Ce jeu montre que lorsque le bénéficiaire dévoile son identité au cours de l’expérience, ceci modifie l’offre du dictateur. L’absence d’anonymat crée un rapprochement entre le bénéficiaire et l’offreur. Ceci pourrait contribuer à une augmentation d’empathie à l’égard du bénéficiaire. Cette expérience met en évidence des personnes capables d’effectuer délibérément des choix contre leurs intérêts économiques. Ce fait est encore plus accentué lorsque ces personnes ressentent une certaine proximité avec leurs partenaires.

But du jeu en économie expérimentale

Dans le cadre d’une étude économique expérimentale, ce jeu permet d’estimer les facteurs responsables de l’altruisme chez un individu. Pendant le processus de la négociation, le dictateur n’a pas à redouter le refus de son offre. Ceci fait qu’il est vu comme un ‘’ généreux’’ lorsqu’il effectue une proposition non nulle. Ce titre est plus justifié d’autant que le dictateur n’est soumis à aucune pression de rejet.

La présence d’offre non nulle à l’issue de certaines expériences au début, a erroné les prédictions à propos du jeu. Théoriquement, un individu logique ayant l’intention de faire plus de profits devrait garder la totalité de la somme. Ceci ne pourrait être influencé par aucun facteur ou contexte. L’altruisme découvert à l’issue des offres positives relève donc l’insuffisance des spéculations de la théorie des jeux.

En économie expérimentale, les résultats de ces observations sont renforcés par plusieurs théories. Ainsi, les informations issues de ces expériences peuvent être utilisées afin de concevoir des exemples correspondant à l’individu.

Les résultats observés en laboratoire

Dans la plupart des cas, le jeu ne se solde pas par une offre nulle de la part du dictateur. Cette situation reste pareille lorsque le receveur n’est pas connu par l’offreur. L’issue des expériences révèle trois catégories de joueurs : les égoïstes, les joueurs équitables et le milieu des deux.

Les égoïstes

Ils gardent la totalité de la somme à partager. Ils font des offres nulles et laissent les receveurs sans aucun gain. Cette catégorie est la plus dominante des dictateurs.

Les joueurs équitables

Ils partagent de manière égale la somme avec les bénéficiaires. Ils représentent un quart de l’effectif des offreurs.

Le milieu des deux catégories

Représentant un quart des dictateurs, ils laissent les bénéficiaires avec des gains. Cependant, ces gains sont inférieurs à la moitié de la somme à partager. Ils prennent la plus grosse partie de la somme et laissent le reste aux receveurs.

Il est à noter que les décisions du dictateur peuvent changer dépendamment de :

  • transformations structurelles du jeu ;
  • certaines caractéristiques individuelles ;
  • l’âge ;
  • sa personnalité ;
  • son humeur ;
  • sa morphologie.

Dans le jeu, le genre représente aussi un paramètre très important justifiant l’attitude des dictateurs. D’après plusieurs expériences, les sujets du genre féminin ont tendance à faire preuve d’une générosité comparativement aux hommes.

You may have missed